Conception éditoriale

Deux idées valent mieux qu’une,
surtout quand la deuxième annule la première.

Georges Elgozy, Le Fictionnaire

Un chemin de fer souple, avec des rubriques bien nommées, et une variété de rythme entre les séquences texte/images, de bons outils (encadrés, cartes, chronologies, portfolios, portraits, citations, exergues…) afin d’entretenir, voire relancer l’intérêt, un bon équilibre entre rédactionnel et publicités ou annonces institutionnelles : le terrain de la création éditoriale a tous les outils pour satisfaire le client le plus sourcilleux… Sans proposer l’irréalisable, ni l’imbuvable, il faut jongler agilement entre les codes maison et ceux des lecteurs !

Jolie femme, la presse est ici aussi multiple que toutes ses périodicités ; l’édition, par nature prolixe, est une amante presqu’autant exigeante ; la communication d’entreprise est quant à elle une maîtresse sans partage, mais pas moins demandeuse de créativité.

À ces trois amies, rendons grâce : elles assurent à tant de galériens un quotidien d’exigence, en idées, flacons, fragrances, chatoiements. Quelques exemples ayant émaillé 30 années de créations éditoriales, et qui finalement poussent toutes seules, sans cesse.

2008 • Le livre conçu (et rédigé) pour l’association sportive du golf d’Étretat doit lui rapporter de l’argent, notamment pour financer les festivités du centenaire du club. Alors outre la version édition grand public (96 pages) qui sera hébergée aux Éditions des falaises, je prévois une version partenaires (vendue par le club et à ses membres), précédée d’un cahier publicitaire (régie rouennaise) mais aussi un tirage limité, acheté par un hôtel des plus réputés de la ville, si intimement lié au golf qu’il sera possible de lui consacrer un cahier de 16 pages en amont de la version édition. L’ensemble de l’opération fut bénéficiaire, et le livre salué par l’historien spécialisé Georges Jeanneau. Mais je ne verrai pas le bicentenaire…
2012 • Fort d’un an d’expérience localement, j’ai répondu présent au souhait jamais concrétisé de mon employeur de proposer un annuel de référence, en distribution hôtelière et sélective, sur les meilleures adresses de la ville ocre. Nous avions toutes les infos grâce à notre mensuel le Marrakech Pocket, il fallait aussi les mettre en musique (chemin de fer, maquette de mon amie D.A. de Casablanca, Sophie Goldring), les traduire pour la version anglaise, les adapter pour l’appli smartphone… et financer l’ensemble par les annonceurs. Brouillé avec mes commanditaires, j’ai quitté le Maroc sans savoir si ce beau projet, piège à pub au budget très prometteur, avait vu le jour. Mais le bébé reste reproductible !

2002/2004 • Des titres pour les expositions pour la Cité des sciences et de l’industrie ? Cela semblait légitime après avoir rédigé le rapport d’activité de l’établissement, mais pas évident au vu des « copy strategy » très exigeantes élaborés par la Dircom de l’institution. Mais le temps a prouvé qu’avec mon complice D.A. Olivier Fontvieille nous formions alors un binôme créatif et pertinent.

2005 • Voici une création dans laquelle je me suis jeté, comme souvent, à corps perdu. Il s’agissait tout de même du premier magazine de ma région, à l’époque. L’équilibre façonné, mêlant codes de presse et nécessités institutionnelles, a emporté l’adhésion et ma fierté. D’autant que cette formule (un bimestriel de 24 pages en format berlinois, tiré à 4,7 millions d’ex.) a longtemps perduré, même chez les agences concurrentes ayant repris le marché de sa réalisation.